Les StatutsLes OrganesLa RenaissanceNos ProjetsAdhesionForumContacts







LA PROBABILITE D’UN SOMMET AFRIQUE ISRAËL
PROMOTEURS: ISRAEL-TOGO

Vu le contexte, il faut l’analyser différemment : L’Afrique a toujours était du coté de la Palestine. Il faut se souvenir des années 80 et même bien avant, où évidemment en Afrique, existaient encore des territoires sous colonisation. L’Organisation de l’Unité Africaine (l’OUA) qui avait comme fer de lance l’indépendance des Etats Africains avait un allié aussi dans le Moyen Orient qui menait le même combat. Dans la plupart des sommets de l’OUA, Yasser Arafat, le leader charismatique de la Palestine, était présent pour lancer le même son de cloche : Dire que dans le moyen Orient, il y avait un pays qui s’appelle la Palestine qui subissait le même sort que l’Afrique du Sud qui était encore sous l’apartheid et bien d’autres Etats africains.

A partir de ce moment là, vu que heureusement la situation en Afrique a évolué mais dans le Moyen Orient elle n’a pas bougé: la Palestine est encore sous colonisation, il faut se poser la question : quelle doit être la position de l’Afrique par rapport à cette situation ?

Les temps ont évolué mais le combat des valeurs demeure, donc la position de l’Afrique ne peut pas changer tant que la donne israélienne sur la Palestine ne change pas.

Evidemment un SOMMET AFRIQUE ISRAËL est un sommet dont il faut revoir les promoteurs : l’un c’est l’Israël, l’Etat d’Israël, et l’autre, c’est le Togo qui veut accueillir le sommet dans sa capitale, Lomé.

  • L’Israël est sorti de la colonisation britannique, un combat que la plupart des Etats qui étaient colonisés saluaient. C’était un combat que menaient aussi les Etats africains pour sortir de la colonisation britannique d’une part mais aussi française d’autre part. Voila, c’étaient des années de décolonisation. 1948, c’est création de l’Etat d’Israël, la séparation de la Palestine par l’Organisation des Nations Unies (ONU) en deux territoires : l’Israël et la Palestine. A partir de ce moment là, c’étaient des territoires bien définis. Mais dans la coexistence de ces deux Etats, des combats ont eu lieu dès 1948. Le plus important de ces combats est celui des six jours (du lundi 5 au samedi 10 juin 1967), opposant l’Israël aux pays arabes limitrophes (l'Égypte, la Jordanie et la Syrie) . La défaite arabe va profiter à l’Israël qui avait déjà marché sur des territoires palestiniens. Et l’Israël s’est campé sur les territoires « conquis » en disant que les limites des territoires acquis par les armes doivent être les limites officielles de L’Etat d’Israël, une position que non seulement la plupart des démocrates, mais des gens qui raisonnent clairement, remettent en cause : « un territoire acquis par les armes après la 2ième guerre mondiale, est-ce qu’on peut accepter ça comme territoire ? »

    Des négociations ont eu lieu entre l’Israël et la Palestine. Une Palestine divisée en deux territoires : la Cisjordanie et Gaza, des territoires séparés par le territoire israélien, deux entités distincts qui doivent nourrir le rêve d’un Etat uni.
    Des négociations ont eu lieu, et Yasser Arafat, le père de la Palestine, a toujours tendu la main pour des négociations, pour faire aboutir la cause de son peuple : la naissance d’un Etat palestinien reconnu par tous les Etats du monde. Et ce combat, l’Afrique le saluait et le salue toujours.

    Sur cette donne qu’est ce qui a évolué ?

    Les Accords d’Oslo de 1994 en Norvège ; entre Yitzhak Rabin, le premier ministre israélien d’alors, et Yasser Arafat, le leader l’Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP), étaient des accords acceptés aussi bien du coté Israélien que du coté palestinien, et le monde les saluait d’un bon œil, les grandes puissances y voyaient une voie de sortie de la longue crise. Malheureusement du coté israélien, l’assassinat d’Yitzhak Rabin, par un étudiant de l’extrême droite, va faire capoter tout ce processus de négociation qui avait eu lieu. Les extrémistes israéliens ont encore eu raison sur la réalité politique dans le Moyen Orient et le chaos… L’arrivé d’Ariel Sharon, un vétéran des guerres israéliennes contre le monde arabe, considéré comme l’un des plus grands commandants et stratèges de l'histoire de l'armée de terre d'Israël, avec ses autorisations de constructions de colonies sur les territoires occupés, n’a pas fait avancer cette donne. Au contraire, après avoir réveillé l’« Intifada » du coté palestinien, il a stoppé toute négociation avec Arafat qu’il accuse d’être l’instigateur. Plus tard c’est la mort d’Arafat, et toujours le même combat du peuple palestinien pour avoir un Etat libre et reconnu dans les quatre coins du monde.

    Le premier ministre Benyamin Netanyahou, qu’a-t-il fait pour évoluer cette donne ?

    Il faut comprendre la politique israélienne, la gauche et la droite. Si pour la gauche la sécurité d’Israël passe par établir la paix avec les palestiniens, pour la droite l’armée peut sécuriser le pays et leur offrir la paix. Si Sharon était de l’extrême droite, Netanyahou, ministre sous le gouvernement de Sharon et actuel premier ministre, est de la droite. Toujours ce désir de satisfaire leur électorat radicaux, je ne dirais pas les ultras mais bon, va faire qu’évidemment lâcher du leste il n’y a pas réellement.
    Donc aujourd’hui, c’est cette Israël, qui encore reste sur des territoires palestiniens, qui veut gagner la confiance des Etats africains, des Etats africains, comme je l’ai déjà dit, qui partageaient le même combat que la Palestine, le combat des indépendances, le combat d’un Etat libre, un Etat reconnu, d’un Etat avec des frontières bien tracées. Si la Palestine réclame aujourd’hui ses frontières d’avant 1967, la plupart des Etats africains partagent cette vision, les frontières d’avant 67 étaient les frontières officielles de la Palestine mais aussi d’Israël.

  • Du coté africain, le promoteur c’est le Togo. Mais le Togo, c’est quel pays en Afrique ?

    Ancienne procession allemande, le Togo est passé sous la tutelle française après la défaite allemande de la Première Guerre Mondiale, et est intégré dans l’Afrique Occidentale Française (l’AOF). C’est donc un pays de l’Afrique de l’ouest, sorti de la colonisation française en 1960 en même temps que la plupart des états membres de l’AOF, avec comme premier président Sylvanus Olympio qui sera assassiné en 1963. Certains disent que cet assassinat est du au fait qu’Olympio voulait sortir le Togo de la Zone Monétaire CFA (Colonie Française d’Afrique) et faire garantir sa monnaie par la Banque Allemande, mais à un mois de la dite date, il est tué, donnant le son de cloche des coups d’Etats et des assassinats de présidents en Afrique. C’est un coup d’Etat dont ne sera étranger Gnassingbé Eyadema, le père de l’actuel président du Togo. Eyadema était un tirailleur sénégalais, un militaire de l’AOF. Il prend les reines du pouvoir en 1967 après un autre coup d’Etat. Si on analyse l’évolution démocratique ouest africaine, Eyadema fait parti de ces présidents qui renfermaient leur peuple d’une certaine manière. Sa stratégie  c’était quoi? Il faut le rappeler, Eyadema est des clans du Nord, pour assoir sa domination du peuple togolais, il avait misé sur l’incorporation des gens de son clan dans l’armée, et de ce fait, il ne craignait pas un coup d’Etat. Si c’était sa stratégie pour faire survivre son pouvoir jusqu’à sa mort en 2005, pendant 38 ans, il faut se demander encore si en ce XXIème siècle, est-ce que c’est par ce qu’on a des gens de son clan dans l’armée qu’on doit rester au pouvoir autant de fois qu’on veut ? Ca évidemment, c’est une question à la quelle doit répondre son fils, Fauré Gnassingbé, qui actuellement est contesté dans son pays non seulement par la jeunesse, par les intellectuels, mais aussi par sa volonté de vouloir rester président éternellement comme son père. Evidemment, est-ce que ça la jeunesse togolaise peut accepter ça ? La jeunesse africaine, en tout cas, le rejette d’un revers de la main parce que le XXIème siècle en Afrique, c’est une Afrique où un président doit avoir deux mandats et laisser la place aux autres, c’est une évidence !

Est-ce que ce Togo peut promouvoir l’organisation d’un sommet Afrique – Israël ? Est-ce que les Etats africains vont se référer sur la position togolaise pour tenir ce sommet en tenant compte, comme je l’ai dit, des facteurs antécédents : le fait que l’OUA a toujours soutenue la Palestine, partageait le combat de la Palestine et l’UA partage toujours le combat de la Palestine ; et l’Afrique du Sud qui subissait le même sort que la Palestine, même si elle est sortie de sa situation avec l’accession de Mandela au pouvoir en 1994, l’Afrique du Sud soutient encore la cause palestinienne et demande que la Palestine ait un Etat reconnu, ça, c’est ce qui est de l’Afrique australe.
L’Afrique du Nord, c’est le Maghreb, un monde arabe, et dans ce monde arabe, le son de cloche ne peut être que celui de l’Afrique du Sud, c'est-à-dire que la Palestine mérite un Etat reconnu avec ses frontières d’avant 67.
Pour ce qui du Sahel, dans la bande du Sahel, la situation peut être vue différemment. Il faut le rappeler, l’Israël a une expertise en matière d’agriculture en milieu aride, qu’il peut vendre à ces Etats. Dans certains pays, la diplomatie israélienne essaye d’avancer par faire chuchoter ça, et cela peut être bien vu. Mais est-ce que les pays du Sahel sont prêts à marcher sur les valeurs qui fondent notre maison mère l’Union Africaine ?

Vu sur cet angle, on voit nettement que la probabilité que ce sommet puisse avoir lieu repose sur la probabilité qu’Israël revoie sa politique vis-à-vis de la Palestine. Parce que l’objectif premier d’Israël dans un tel sommet, c’est de gagner le support des Etats africains au niveau des Nation Unies en cas de résolutions contre ou sur la Palestine. Mais est-ce que cette question c’est aux africains d’en trancher ou c’est aux israéliens et aux palestiniens d’en trancher ? Je pense que l’avenir des accords au niveau des Nations Unis en l’Israël et la Palestine, la position africaine peut y impacter comme on l’a vu sur la reconnaissance par certains Etats africains de l’Etat de la Palestine, mais le cœur, le fond, se jouera entre l’Israël et la Palestine, des négociations ultérieures ne sont pas à exclure.

Copyright MIRAU, 2002-2015